Quand on se promène à Barcelonnette, petite ville de montagne de la vallée de l’Ubaye au sein du Parc national du Mercantour, on est surpris par son urbanisme et la quantité de somptueuses villas du XIXe siècle qui s’y élèvent… D’où vient ce faste bourgeois en pleine zone rurale ? Pourquoi les appelle-t-on les villas des Mexicains ?

L'aventure des "Mexicains" de Barcelonnette

L’émigration au Mexique

Des difficultés économiques, comme la crise textile, ont poussé beaucoup de jeunes paysans, dès le début du XIXe siècle, à traverser l’océan pour aller faire fortune au Mexique. Mais cette émigration s’explique aussi par une tradition de voyage et d’échanges propre à cette population et à cette vallée, qui voyait, depuis toujours, ses routes empruntées par marchands et colporteurs, entre le Piémont et la mer…

On envoyait les enfants des vallées vers les grandes villes pour leur éducation ; aussi populations de la montagne et de la plaine avaient-elles l’habitude de se mélanger. Mais, même si être sur la route avait quelque chose de naturel pour les montagnards de l’Ubaye, tous partirent avec la ferme intention de revenir au pays !

La réussite commerciale et industrielle

Ils commencèrent à installer des commerces de tissus à Mexico puis dans d’autres grandes villes. Leur sens des affaires fit fleurir leurs négoces et ils participèrent, au Mexique, à la naissance des « grands magasins » dont les premiers furent copiés sur les modèles parisiens de la Samaritaine ou du Bon Marché. À la fin du XIXe siècle, certains se regroupent pour créer leurs propres industries textiles dans la région d’Orizaba (état de Veracruz). Il faut dire que le président de l’époque, Porfirio Diaz (en fonction de 1876 à 1911), favorisait les investissements étrangers et admirait particulièrement la France, d’où une mode d’urbanisme « à la française » visible dans la capitale fédérale du Mexique…

Echos mexicains à Barcelonnette

Tous n’ont pas fait fortune. Mais ceux qui sont revenus riches ont marqué leur attachement à la terre natale en faisant construire des maisons à Barcelonnette et à Jausiers, juste à côté. De grandes villas empruntant les styles à la mode de l’époque, entourées de grands jardins, et des caveaux familiaux monumentaux dans les cimetières… Aujourd’hui, on peut aller flâner parmi ces propriétés à l’est et à l’ouest du centre ancien de Barcelonnette. Emprunter l’avenue de la Libération (musée de la Vallée de l’Ubaye au n° 10)  jusqu’au cimetière et revenir par l’avenue Porfirio-Diaz, parallèle.

Et puis, savez-vous que les liens entre Barcelonnette et le Mexique ont perduré, et se manifestent entre autres chaque été pendant les fêtes Latino-américaines, en août ?

Où loger ?

Découvrez notre Résidence Club*** mmv Isola 2000